Universel

Étymologiquement, universel vient de la combinaison de deux mots latins : « unus » et « versus ». Le mot « versus » vient du latin  « vertere » qui signifie laction de tourner un objet physique dans une certaine direction, ou, dans un sens plus abstrait, lidée de transformer une chose en une autre. L’« universel » c’est ce qui est devenu un, ce qui a été tourné, par l’intelligence, en une seule chose, un seul concept.

 Ce processus de conceptualisation ou d'abstraction procède d'une multiplicité de choses singulières rangées sous la même idée, la même notion dans l'intelligence. Ces diverses choses sont devenues «une» dans l'intelligence. Pour cela l'intelligence a dû faire abstraction de certaines caractéristiques, tels les accidents, qui appartiennent aux individus concrets. L'universel, dans son premier sens, est un mode d'existence des choses dans l'intelligence. En ce sens, l'universel, par exemple être humain, s'oppose radicalement au singulier, Socrate, qui est le mode d'existence  des choses dans le monde.

L'universel, peut s'entendre dans un second sens: c'est la quantité (le nombre d'individus) du sujet d'un énoncé lorsque ce dernier est pris dans toute son extension. Par exemple, lorsqu'on dit que «tout être humain est mortel», être humain, qui est le sujet de cet énoncé, est pris dans toute son extension. Cet énoncé est universel. En ce sens, l'universel s'oppose au particulier. On a un énoncé particulier lorsque le sujet n'est pas pris dans toute son extension, par exemple, lorsqu'on dit «certains êtres humains sont blancs». Le sujet être humain n'est manifestement pas pris dans toute son extension. Cet énoncé est particulier.

Toute chose universelle possède une certaine compréhension (ou contenu) et une certaine extension qui ne varient pas. Par exemple, «humain» possède une compréhension, celle délimitée par sa définition, qui détermine une certaine extension. Selon la chose universelle, la compréhension s'étend à une extension plus ou moins grande. L'extension inclut le nombre total des choses singulières auxquelles la compréhension s'applique. L'énoncé qu'on peut former à partir des choses universelles peut toutefois varier selon la quantité du sujet mis en jeu: il peut être pris dans toute son extension (il est universel) ou non (il est particulier).